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DĂ©cadanse

Illustration pour la danse DĂ©cadanse

Serge Gainsbourg crée 'La Décadance' en 1971, et la chante et la danse avec Jane Birking. Ils provoquent naturellement un scandale dans certains milieux et pays, la presse taxant l'exercice de 'mauvais goût', vus la position des danseurs et du texte de chanson. Mais beaucoup apprécie(nt). Voici les paroles... « Tourne-toi / – Non / Contre moi / – Non, pas comm'ça / Et danse / La décadance / Bouge tes reins / Lentement / Devant les miens / – Reste là / Derrièr' moi / Balance / La décadanse / Que tes mains / Frôlent mes seins / Et mon cœur / Qui est le tien / –Mon amour / De toujours / Patience / La décadanse / Sous mes doigts / T'emmènera / Vers de lointains / Au-delà / – Des eaux troubles / Soudain troublent / Mes sens / La décadanse / M'a perdue / Ah tu me tues / Mon amour / Dis m'aimes-tu ? / – Je t'aimais / Déjà mais / Nuance / La décadanse / Plus encore / Que notre mort / Lie nos âmes / Et nos corps / – Dieux Pardo- / Nnez nos / Offenses / La décadanse / A bercé / Nos corps blasés / Et nos âmes égarées / – Dieux ! / Pardonnez nos offenses / La décadanse / A bercé / Nos corps blasés / Et nos âmes égarées. » « Tourne-toi / – Non / Contre moi / – Non, pas comme ça / Et danse / La décadanse... » La messe est dite : il s'agit d'une danse-slow où l'homme se place et prends (de ses bras) sa partenaire par derrière. Le texte est en double sens permanent. Le plaisir est sexuel et 'trouble'. On comprend au vu des paroles en quoi consiste cet acte qui 'tue', et qui cause douleur et plaisir. Et dans cet acte, il se crée un lien d'intimité et de proximité, sans comparaison avec ce qu'un couple traditionnel peut vivre ; avec le risque sidaïque mortel. « - Dieu(x) Pardo- / Nnez nos / Offenses / La décadanse / A bercé / Nos corps blasés / Et nos âmes égarées / – Dieu(x) ! / Pardonnez nos offenses / La décadanse / A bercé / Nos corps blasés / Et nos âmes égarées... » Ces mots font de la danse un péché : Gainsbourg et Birkin confessent des fautes qu'ils n'ont pas l'air de regretter ; parce que La Décadanse permet une parenthèse, une pause dans l'inconstance humaine : les 'âmes égarées' se retrouvent un instant, les 'corps blasés' redécouvrent les sensations charnelles. Bien que l'exercice soit jugé immoral, ce couplet le moralise et le justifie, tout en feignant de pointer une faute.